Chaque
jour est un morceau...
de Maryse Poulin
chaque
jour est un morceau qui ondule
indispensable au bonheur idiot
*
mémoire et forme
toujours en deux morceaux irréconciliables
rejaillit l’étonnement d’être
ce qui nous occupe
c’est la liberté
partir d’un peu plus loin
pour livrer une série d’états
dans un élan décisif
un élan décisif
faire basculer les lieux
là où sentir se heurte
*
de plus en plus
l’infime raconte l’univers
théâtre de chocs légendaires
dont l’esprit n’abandonne pas la poésie
j’ai constamment plein de doutes
cela demande du temps
*
La mort de l’empereur
Porte en toi
La volte-face du globe
Porte en toi
Le chant presque éteint
Des femmes aux yeux de bois
Sans autorité de parole
Sauve-toi vite si tu peux
Car vont jaillir des espaces silencieux
Des éclatements secrets
Chaque moment gardé en nous
Est ce passage à éprouver
*
L’endroit pour dire le monde
Résonne avec plus d’insistance
Dans une fuite à la renverse
Une contre voix parle très loin
Elle oriente le monde
Vers nos jours premiers
*
je m’émerveille devant la clé du
mouvement humain
son neutre module
propulsant sa trajectoire brillante
en figures convenues et codées
*
tout est devant nous
le regard pivote
contraste les sens à venir
un autre est là
comme un visiteur
il monte la route et se farde de blanc
le héros innovant
rencontre parfois nos vies
il décide de jouer
à travers les signaux
qui nous rendent vivants
*
je cherche à découvrir
au cœur de l’énigme
l’expérience des seuils
*
il est facile de sourire
à la promesse d’un baiser
*
Une quête faite de ruptures
Et de changements de cap
Des éclats
Des tensions sensibles
Des envols rituels
Le présent dévie sans détours
Chaque extension
Se déploie dans la suivante
Je m’étire
Sur la ligne continue du temps
*
le jeu de l’amour
auréole la piste
un seul baiser
et les corps sont mis en jeu
plein jour
nuits entières
les constellations de chair
livrent leurs corps contre toute mémoire
*
cette énigme du pouvoir des corps
amoureusement mêlés
comme un battement vertigineux
dans le territoire interdit
fascinant et inexplicable
exposée au vu et au su de tous
l’origine du monde que l’on porte en soi
*